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Énergie solaire : CPCS étudie ce qui attire le secteur privé

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L’énergie solaire ne dérougit pas et une étude de CPCS met en lumière des pistes de solutions que peuvent adopter les pays émergeants qui veulent miser sur cette énergie verte.

Depuis 2010, la capacité mondiale installée d’énergie solaire est passée de 39 GW à plus de 600 GW.

Les coûts, eux, sont passés de 0,37 à 0,02 cent le kilowattheure (kWh).

L’énergie solaire comme source d’énergie renouvelable a le vent dans les voiles. D’où l’importance pour un pays de savoir comment attiré les investisseurs privés. Les pays émergents sont particulièrement intéressés par cette connaissance.

La participation du secteur privé dans les projets d’énergie solaire est souhaitable pour quelques raisons :

  • Elle permet de mobiliser des compétences techniques à la fine pointe
  • Elle fournit au gouvernement une autre source de ressources
  • Elle contribue à la réduction des coûts et suscite la concurrence

« L’avantage principal est de libérer les ressources financières du gouvernement afin qu’il puisse investir dans les secteurs normalement moins attrayants aux yeux des intérêts privés », explique Clara Kayser-Bril, experte indépendante en énergies renouvelables à CPCS.

Sonder les intérêts des investisseurs privés 

L’étude publiée 2019 est née d’une collaboration entre CPCS et la Banque mondial.

La Banque mondiale voulait mieux comprendre et obtenir des pistes de solution aux problèmes qu’ont de nombreux pays en développement à mobiliser la participation du secteur privé.

CPCS a étudié sept pays émergents. Tous aux réalités économiques différentes, aux climats politiques variés et aux méthodes d’approvisionnement distinctes.

« La variété des cas veille à ce que les conclusions communes aient de meilleures chances d’être applicables à la plupart des pays émergents », dit-elle.

Faits saillants de l’étude

La recherche montre que les investisseurs privés recherchent avant tout des accords qui promettent des projets bancables avec garanties de paiement pour l’électricité achetée.

« Ce qu’ils veulent s’est d’être payés, précise Clara. Cela va de soi. »

L’autre point qui les préoccupe est par rapport à l’intégration au réseau. Particulièrement en ce qui a trait aux spécifications opérationnelles et techniques telles que la stabilité et la congestion du réseau.

Autrement dit, le projet d’énergie solaire fonctionnera-t-il comme prévu ?

« Si la réponse est non, cela aura pour effet de dissuader l’investisseur, » ajoute-t-elle.

Attirer et convaincre un investisseur privé

Sur quelles mesures les gouvernements peuvent-ils miser pour rendre leur offre d’énergie solaire plus attrayante pour le secteur privé ?

D’une part, avoir un cadre favorable qui cultive la confiance de l’investisseur. La recherche montre que des politiques macroéconomiques stables, des mécanismes de protection des investissements et le respect des obligations contractuelles sont parmi les ingrédients clés.

Il est aussi utile que les gouvernements aient une stratégie détaillée pour stimuler l’énergie solaire. Une stratégie efficace doit reposer sur un ensemble de lois, de réglementations et de politiques sectorielles. 

Le Maroc, un exemple de réussite

Le Maroc a reçu l’appui du gouvernement depuis qu’il s’est mis à développer sa filiale solaire en 2010.

L’agence gouvernementale responsable des énergies renouvelables, le MASEN, supervise chaque étape de l’acquisition et de la production d’énergie. Le pays s’appuie sur un cadre juridique dynamique et favorable aux investissements commerciaux.    

Grâce à sa stabilité politique, le Maroc a donc donné naissance à une industrie solaire qui connaît la plus forte croissance et dont ses prix sont parmi les plus bas au monde.

Cela dit, réduire le risque est essentiel pour les pays qui n’ont pas les moyens de financer leurs projets au moyen de fonds publics. L’étude de CPCS suggère d’ailleurs que les pays émergeants peuvent explorer les garanties des banques commerciales, des agences de crédit à l’exportation et des compagnies d’assurance pour mieux répondre aux inquiétudes financières des investisseurs.

Enfin, l’étude identifie de nombreuses options pour assurer le bon fonctionnement du réseau électrique.

« Le principal défi consiste à contourner l’instabilité de l’énergie photovoltaïque », explique Clara.

« Cela nécessite de moderniser la transmission et la distribution. Les batteries, aussi, sont maintenant une option abordable. La production décentralisée – par laquelle des installations solaires à plus petite échelle sont installées à proximité des centres de charge – est également une nécessité. »

Un chemin difficile 

L’étude a été un défi à tous points de vue, mais ce n’est rien comparé au chemin qui reste à parcourir pour les économies émergentes.

Nombre d’entre eux devront mettre en œuvre des réformes dans leur secteur de l’énergie afin de tirer parti des avantages de l’investissement privé. Certains devront même tout réorganiser de la tête aux pieds.

La bonne nouvelle ? Les réformes du secteur de l’énergie sont notre spécialité. 

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