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CPCS salue la Stratégie d’adaptation climatique du Canada

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CPCS exhorte toutefois gouvernements fédéraux et provinciaux à financer rapidement sa mise en œuvre si nous souhaitons réellement planifier, construire et entretenir des infrastructures résilientes à l’échelle municipale.

En bref :

  • Les infrastructures sont parmi les priorités de la Stratégie nationale d’adaptation (SNA) aux changements climatiques du Canada.

  • Les changements climatiques nous coûtent cher, et la facture continuera de grimper pour adapter et entretenir nos infrastructures de transport et d’énergie, par exemple.

  • L’intégration des considérations climatiques dans la planification des infrastructures n’est plus optionnelle.

  • Pour atteindre les objectifs de cette stratégique climatique, gouvernements provinciaux et municipaux doivent être formés et outillés pour adapter nos infrastructures aux changements climatiques. Et le gouvernement fédéral doit leur fournir des outils et un soutien financier pour concrétiser cette stratégie d’adaptation climatique.

  • Il faut agir maintenant, mais aussi équilibrer l’urgence de l’adaptation avec celle d’investir dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre des infrastructures existantes.

Le succès de la SNA passe par le municipal

Mise en contexte : Les impacts des inondations, des incendies de forêt, des glissements de terrain, des tempêtes et des tornades sur nos infrastructures ont été dévastateurs en 2023. Et cela ne fera qu’empirer.

Le municipal au cœur de la SNA : Le fait est qu’une grande partie des infrastructures au Canada est détenue et gérée par les organisations municipales. Toutefois, ils ont des budgets limités et peu d’outils pour financer et injecter de l’argent dans leurs infrastructures afin de les adapter aux conséquences des changements climatiques.

C’est pourquoi les gouvernements fédéraux et provinciaux doivent reconnaître leur rôle dans le soutien aux administrations municipales pour réaliser les objectifs de cette Stratégie nationale d’adaptation aux changements climatiques.

Se préparer aux dommages futurs

« Le municipal a besoin d’argent pour bien jouer son rôle et adapter nos infrastructures locales », fait valoir Elizabeth Drake, responsable de la pratique sur les changements climatiques chez CPCS.

Le personnel municipal doit posséder les connaissances et les compétences pour identifier les problèmes et comprendre les solutions possibles. Mais il faut aussi de l’argent pour financer le travail qui doit être effectué, comme la construction de routes et de tunnels adaptés aux catastrophes météorologiques.

Investir aujourd’hui pour prévenir les dommages de demain n’est pas simple. Par exemple, investir dans le renforcement d’un tunnel pour prévenir de futures inondations potentielles ne se traduira probablement pas par une augmentation des revenus pour l’administration locale, et la plupart du temps ne procure aucun avantage économique.

En somme, on dépense de l’argent maintenant pour prévenir une perte potentielle importante de bénéfices économiques demain.

Pour Tiphany Monplaisir, consultante principale chez CPCS spécialisée dans les infrastructures durables :

« Le temps presse. L’adaptation progressive aux changements climatiques ne suffira pas à atteindre nos objectifs, même si la SNA le reconnaît. Mais nous sommes maintenant confrontés au défi de nous adapter rapidement à grande échelle, tout en équilibrant ce qui peut réellement être fait. »

L’équilibre entre agir et urgence

La Stratégie nationale d’adaptation indique que « d’ici 2030, 80 % des organismes publics et municipaux auront intégré l’adaptation aux changements climatiques dans leurs processus décisionnels. »

Il s’agit d’une cible tardive sachant que des solutions peuvent prendre de cinq à 10 ans pour se concrétiser.

« Une action rapide est nécessaire, mais le risque d’aller trop vite est que nous fassions des choses qui ne fonctionnent pas ou qui ont même des répercussions négatives sur d’autres aspects, comme l’atténuation (la réduction des émissions) », explique Elizabeth.

Toute forme d’investissement majeur dans les infrastructures s’accompagne d’émissions de gaz à effet de serre comme l’extraction des ressources aux activités de construction et d’exploitation. Les investissements dans l’adaptation doivent être réalisés de manière à minimiser ces émissions.

L’impact du climat sur les infrastructures

Elizabeth est catégorique : « l’intégration des considérations climatiques dans la planification des infrastructures de transport ou d’énergie, par exemple, doit être systématique. »

Par exemple, CPCS a récemment conseillé l’Association canadienne de normalisation sur la manière dont les changements climatiques sont appelés à affecter nos transports en commun (trains de voyageurs et bus), et ce qu’il faut considérer pour les adapter et les rendre plus résilients.

En conclusion

Pour atteindre les objectifs de la Stratégie nationale d’adaptation au climat du Canada, deux priorités doivent avoir lieu en parallèle :

  • D’une part, les gouvernements provinciaux et municipaux doivent continuer à former leur personnel afin que la notion d’adaptation aux changements climatiques soit intégrée dans leur planification, la réalisation et la gestion des infrastructures locales. Et il faut se faire à l’idée que cela constitue des coûts qui n’engendreront pas de revenus supplémentaires.

  • En même temps, le gouvernement fédéral doit reconnaître que des outils de financement et un soutien financier seront nécessaires pour aider nos organisations provinciales et locales à mettre en œuvre les ambitions de la Stratégie nationale d’adaptation.

À propos de la Stratégie nationale d’adaptation (SNA)

Annoncée en juin 2023 par le gouvernement du Canada, avec le soutien de toutes les provinces et territoires, la SNA est une approche nationale face aux changements climatiques dotée d’une enveloppe de 2 milliards de dollars pour la mettre en œuvre. Une mesure phare de la SNA est de « construire et entretenir des infrastructures résilientes. »

Ce que dit la SNA sur la gestion des infrastructures

  • Mettre à jour ou élaborer des normes techniques, des processus de planification et de prise de décision pour intégrer le changement climatique dans les décisions relatives à l’emplacement, à la planification, à la conception, à la gestion, à l’adaptation, à l’exploitation et à la maintenance des systèmes d’infrastructure tout au long de leur cycle de vie.

  • Informer la prise de décision en matière d’infrastructures publiques et privées par des évaluations systémiques des risques actuels et émergents liés au changement climatique, et par la planification des actions à entreprendre.

  • Prioriser les avantages pour les populations marginalisées et les communautés les plus vulnérables aux impacts du changement climatique.

  • Appliquer des critères de résilience et adopter des lignes directrices, des normes et des données de conception futures liées au changement climatique dans tous les nouveaux investissements en infrastructures afin de maximiser les avantages à long terme des résultats des infrastructures.

Apprenez-en plus : La section Infrastructures du Plan d’action de la SNA détaille le financement, les normes et les actions.

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