CPCS quantifie les retombées touristiques potentielles du projet de train à grande vitesse Alto dans le corridor Québec-Toronto
Alto, la société d’État fédérale responsable du projet de train à grande vitesse (TGV) entre Québec et Toronto a confié à CPCS, avec l’appui de HDR, la réalisation d’une étude indépendante sur les retombées touristiques potentielles du projet.
Le rapport Tourisme dans le corridor Alto : situation actuelle et impacts potentiels conclut que les bénéfices du TGV pourraient aller bien au-delà de la mobilité. En modifiant les habitudes de déplacement des voyageurs, l’infrastructure pourrait accroître les dépenses touristiques, encourager les séjours multi-destinations et redistribuer les flux de visiteurs dans le corridor le plus fréquenté du pays.
Principaux constats
- L’ampleur des retombées potentielles du TGV dépendront largement du niveau de coordination entre les acteurs du transport, du tourisme, de l’accessibilité des destinations ainsi que de la capacité des collectivités à tirer parti de l’arrivée de nouveaux visiteurs.
- Dans un scénario de coordination modérée, l’étude estime que le corridor pourrait générer environ 1 milliard de dollars supplémentaires en produit intérieur brut (PIB) chaque année et soutenir plus de 11 500 emplois.
Une évaluation indépendante pour un grand projet d’infrastructure
Pour un projet de cette ampleur, Alto souhaitait obtenir une analyse réalisée par une tierce partie afin d’évaluer les impacts touristiques et économiques potentiels du train à grande vitesse.
Le mandat s’appuyait sur l’expertise de CPCS en économie des transports, en analyse comparative internationale et en évaluation des retombées économiques à l’échelle des corridors de transport.
Comment l’étude a été réalisée
Afin d’évaluer les retombées potentielles du TGV, CPCS a établi un portrait du tourisme dans les six régions métropolitaines de recensement (RMR) situées le long du corridor : Toronto, Peterborough, Ottawa–Gatineau, Montréal, Trois-Rivières et Québec.
L’analyse est fondée notamment sur les données de l’Enquête nationale sur les voyages et de l’Enquête sur les voyages des visiteurs de Statistique Canada.
À partir de ce portrait de référence, CPCS a intégré :
- Des études de cas internationales provenant de réseaux de TGV établis, adaptées au contexte du corridor Alto afin d’alimenter trois scénarios illustratifs.
- Une analyse des nouveaux comportements de déplacement selon chaque scénario, notamment l’évolution des excursions d’une journée, de la durée des séjours, du volume de visiteurs et des dépenses quotidiennes.
- Une évaluation des dépenses touristiques additionnelles liées à ces changements.
- Une modélisation des impacts sur le PIB et l’emploi à partir des multiplicateurs entrées-sorties de Statistique Canada.
Un corridor déjà au cœur du tourisme canadien
Selon l’étude, les six régions métropolitaines de recensement analysées :
- attirent plus de 20 % des voyageurs domestiques
- accueillent plus de 40 % des touristes internationaux
- génèrent plus de 31 milliards de dollars en dépenses touristiques annuelles
Population totale, emploi total et nombre d’entreprises liées à l’industrie du tourisme dans les RMR situées le long du corridor Québec-Toronto.

Une forte dépendance à l’automobile
Malgré le poids économique du corridor, entre 85 % et 98 % des déplacements touristiques domestiques y sont encore effectués au moyen d’un véhicule personnel.
Selon l’étude, le train à grande vitesse pourrait offrir une solution permettant de transporter davantage de voyageurs, plus rapidement et avec une empreinte environnementale réduite.
Mode principal de déplacement – Visiteurs nationaux

Des retombées variables selon le niveau de coordination
Grâce à une offre touristique et de transport bien coordonnée, le corridor pourrait accroître son attractivité comme destination touristique et bénéficier d’une hausse des dépenses par visiteur, alimentée par des séjours plus longs et des itinéraires multi-destinations.
Autrement dit, les résultats pourraient varier de façon importante selon les politiques mises en place et le degré de coordination entre les intervenants du secteur touristique et les exploitants ferroviaires.
Faible coordination
Dans un contexte où les offres touristiques complémentaires devaient demeurer limitées, le train à grande vitesse pourrait générer :
- environ 177 millions de dollars de PIB additionnel par année
- plus de 2 000 emplois
Coordination modérée
Dans un scénario où les connexions du dernier kilomètre sont efficaces – c’est-à-dire un moyen de transport qui permet à un voyageur de se rendre de la gare à sa destination finale, ou inversement – les retombées pourraient atteindre :
- environ 1 milliard de dollars de PIB additionnel par année
- plus de 11 500 emplois
Forte coordination
Ce scénario permettrait de répartir les bénéfices dans l’ensemble du corridor, d’attirer davantage de visiteurs provenant de l’extérieur de celui-ci et de favoriser des séjours plus longs. Les retombées pourraient alors atteindre :
- environ 3,9 milliards de dollars de PIB additionnel par année
- plus de 43 000 emplois
Dépenses touristiques annuelles supplémentaires selon différents scénarios de politique publique avec le service Alto

Le train à grande vitesse est plus qu’un projet de transport
Pour CPCS, cette étude sur le TGV Alto s’inscrit dans une réflexion plus large sur le rôle des grandes infrastructures dans le développement économique du Canada.
L’analyse souligne que les infrastructures de transport peuvent avoir des effets qui dépassent la simple mobilité des personnes, notamment en facilitant les échanges, en redistribuant l’activité économique et en renforçant l’attractivité des territoires.
Alto souligne d’ailleurs dans ses communications que « les collectivités situées le long du tracé peuvent tirer parti de l’afflux de visiteurs en misant sur l’intermodalité et en facilitant les déplacements au-delà des principaux centres urbains ».
Ce que l’étude signifie pour les décideurs
Les résultats suggèrent que les retombées du train à grande vitesse pourraient dépasser les seuls gains de mobilité pour contribuer au tourisme, à la compétitivité des régions et au développement économique du corridor Québec-Toronto.
Pour les gouvernements, l’analyse met en lumière trois éléments :
- Les politiques touristiques et de transport gagneraient à être développées de façon intégrée
- Les organismes touristiques régionaux et municipaux jouent un rôle déterminant dans la réussite du projet
- Les retombées du train à grande vitesse dépassent les enjeux de mobilité et concernent aussi la compétitivité économique et le développement régional
À propos de l’étude
Le rapport Tourisme dans le corridor Alto : situation actuelle et impacts potentiels a été préparé par CPCS pour Alto et publié en juin 2026. L’étude combine une analyse du tourisme actuel le long du corridor Québec-Toronto, des comparaisons avec des réseaux internationaux de TGV et une modélisation de scénarios afin d’estimer les retombées économiques potentielles du projet Alto.
À propos de CPCS
CPCS est une firme-conseil indépendante détenue par ses employés et spécialisée dans les secteurs du transport, de l’énergie et des infrastructures. Fondée au Canada en 1996, CPCS accompagne depuis plus de 30 ans des clients du secteur public et privé à toutes les étapes du cycle de vie des infrastructures, de la stratégie et des politiques publiques jusqu’à la mise en œuvre et à l’exploitation.

